Charretterie bois : l’élégance normande au service d’un abri fonctionnel

Par Marie Devaux, 5 novembre 2026, 10 min de lecture

Hangar ouvert à poteaux de bois, la charretterie abritait autrefois charrettes et outils de la ferme. Elle revient aujourd’hui comme abri voiture au charme ancien. Le style normand, avec son chêne apparent et sa toiture en tuile plate, en a fait un modèle très recherché. Voici ce qui fait une charretterie bois réussie, du choix du bois aux démarches en mairie.

En bref
Une charretterie (on lit aussi « charreterie ») est un bâtiment ouvert, posé sur des poteaux, qui servait à ranger les charrettes. On en trouve dans toutes les campagnes françaises. Aujourd’hui, elle sert surtout d’abri voiture en bois, le plus souvent en chêne ou en Douglas.
  • Urbanisme : aucune formalité jusqu’à 5 m² d’emprise au sol (hors secteur protégé), déclaration préalable de 5 à 20 m², permis de construire au-delà. Pour une charretterie accolée à la maison en zone urbaine d’un PLU, la déclaration préalable vaut jusqu’à 40 m².
  • Bois : visez un bois apte à la classe d’emploi 3 (extérieur, hors contact avec le sol), et à la classe 4 pour toute pièce en contact avec le sol.
  • Style normand : charpente apparente, assemblages traditionnels, toiture double pente et tuile plate.

Charretterie bois : un abri fonctionnel à l’élégance normande

Une charretterie n’a rien d’un garage fermé. Elle se résume à une toiture portée par des poteaux, avec un ou plusieurs côtés laissés ouverts. Ce principe simple explique son succès : l’ouvrage protège de la pluie et du soleil, laisse circuler l’air et garde la légèreté d’une construction de jardin. Le modèle dit « normand » y ajoute une identité visuelle forte, celle du bâti rural de la région.

Origines et authenticité de la charretterie en bois

La charretterie est née dans les fermes. Le mot vient de « charrette », avec le suffixe -erie, et désigne le lieu où l’on remise les charrettes. Ce bâtiment ouvert abritait les véhicules hippomobiles et le matériel agricole, tout en laissant un accès direct aux attelages. Il n’est pas propre à la Normandie : on le retrouve dans la plupart des campagnes françaises. En normand, il porte même un nom local, « quert’tie ».

La Normandie a pourtant donné à la charretterie une allure que l’on reconnaît au premier coup d’œil. Ses éléments font partie du patrimoine bâti normand : poteaux en bois massif, charpente apparente et tuile plate. Le bâtiment jouxtait souvent l’habitation ou s’ouvrait sur la cour de la ferme. Avec la fin de la traction animale, son usage a glissé vers le rangement, puis vers le stationnement. C’est ce modèle que reprennent aujourd’hui les fabricants d’abris voiture en bois « de style normand ».

  • Un abri traditionnellement ouvert, pour faciliter la circulation des charrettes et des animaux
  • Une silhouette régionale reconnaissable : chêne apparent, double pente, tuile plate
  • Une évolution d’usage : de l’abri agricole à l’espace de stationnement contemporain

Architecture traditionnelle : assemblages et matériaux nobles

Une charretterie normande se distingue d’abord par son bois. Le chêne massif et le Douglas sont les deux essences les plus utilisées, pour leur bonne durabilité naturelle dès lors que l’aubier, partie tendre et vulnérable du tronc, est retiré. La structure repose sur des assemblages traditionnels à tenons et mortaises, souvent chevillés, qui assurent la cohésion et la stabilité de l’ensemble avec un minimum de ferrures visibles. La charpente reste apparente et met en valeur le travail du bois et l’esthétique naturelle des essences choisies.

La fabrication fait appel à un savoir-faire de charpentier. Les jambes de force, ces pièces obliques entre poteaux et poutres, renforcent la structure et donnent du caractère à l’ouvrage. Les finitions comptent autant que la structure : protection contre les insectes et les champignons, huile ou lasure selon l’essence et l’exposition. Une charretterie bien conçue, bien ventilée et bien entretenue peut durer très longtemps, comme le montrent les bâtiments de ferme anciens encore debout.

Quelle classe d’emploi choisir pour le bois ?

La norme NF EN 335 classe les usages du bois selon leur exposition à l’humidité. Pour un abri extérieur, deux classes comptent. Une précision utile : une classe d’emploi décrit un usage, pas une durée de vie garantie.

Classe 3Extérieur, hors sol
Bois exposé aux intempéries sans contact avec le sol : charpente, chevrons, bardage. Le Douglas et le chêne purgés d’aubier y conviennent naturellement. Un résineux comme le pin doit être traité en autoclave pour cet usage.
Classe 4Contact avec le sol
Bois en contact avec le sol ou l’eau douce. Pour les poteaux, le plus simple est de les poser sur platines ou plots, hors sol : le bois sèche mieux et la classe 3 suffit. Sinon, il faut un bois traité en autoclave pour la classe 4.
AubierLe point faible
L’aubier n’est pas durable, quelle que soit l’essence. Un chêne ou un Douglas « purgé d’aubier » est donc le gage d’une structure qui tiendra sans traitement lourd.
  • Poteaux en chêne massif ou en Douglas, de préférence purgés d’aubier
  • Assemblages tenon-mortaise chevillés pour un ajustement précis
  • Charpente apparente qui montre le travail du charpentier
  • Finitions adaptées à l’exposition pour renforcer la résistance naturelle du bois

Toiture et couvertures : solutions adaptées à chaque environnement

Le choix de la toiture donne à la charretterie son caractère et conditionne son intégration dans le paysage. La double pente est la configuration la plus courante : elle évacue bien les eaux de pluie et reprend la silhouette des bâtiments de ferme. La toiture simple pente s’impose quand l’abri s’adosse à un mur ou que la place manque. Dans tous les cas, l’angle de pente dépend du matériau de couverture choisi et du climat local. Les fabricants proposent différentes solutions selon le budget et le style recherché.

Côté matériaux, la tuile plate reste la référence pour garder un aspect normand authentique. L’ardoise naturelle est une alternative élégante, surtout quand la maison voisine en est couverte. Le bac acier imitation joint debout séduit pour son coût et sa légèreté. Enfin, le shingle convient aux petits abris d’allure plus contemporaine. Avant de choisir, vérifiez le règlement local d’urbanisme : il impose parfois le matériau ou la couleur de la couverture.

  • Toiture double pente pour un rendu typiquement normand et une bonne évacuation de l’eau
  • Couverture en tuiles plates ou en ardoise naturelle, en accord avec le bâti voisin
  • Options modernes : bac acier ou shingle pour les projets contemporains
  • Angles et débords de toit adaptés à chaque environnement

Personnalisation et usages contemporains de l’abri charretterie

La charretterie bois ne se limite plus à sa vocation première. La fabrication sur mesure permet d’ajuster chaque détail au terrain, au style de la maison et aux besoins du foyer. Les ateliers spécialisés proposent des colombages partiels, des bardages bois ou des panneaux amovibles pour fermer un côté exposé au vent ou préserver l’intimité.

Les usages se sont diversifiés. La charretterie devient un garage esthétique pour une voiture de collection, un abri pour le matériel de jardin, un coin atelier ou un abri de terrasse accolé à la maison. Un usage habitable reste possible, mais il change la nature du projet : il faut alors fermer, isoler et déclarer une surface de plancher, avec des démarches plus lourdes. Pour les projets courants, la formule en kit facilite l’autoconstruction, tandis qu’une réalisation « clé en main » par un charpentier évite les erreurs de montage.

  • Configurations ouvertes pour abriter un ou plusieurs véhicules côte à côte
  • Fermeture partielle par bardage, colombage ou panneaux amovibles
  • Aménagements sur mesure : rangements, espace atelier, abri accolé à la maison
  • Structure modulable selon l’évolution des besoins de la famille

Charretterie et urbanisme : déclaration préalable ou permis ?

Une charretterie crée de l’emprise au sol. Elle relève donc, le plus souvent, d’une autorisation d’urbanisme. Les seuils ci-dessous sont ceux indiqués par service-public.fr pour un carport ou un abri en bois. Le plan local d’urbanisme (PLU) de votre commune peut ajouter des règles sur l’implantation, la hauteur ou les matériaux.

SituationEmprise au solDémarche
Cas général5 m² ou moinsAucune formalité, sauf si l’abri modifie l’aspect extérieur du bâtiment
Cas généralDe 5 à 20 m²Déclaration préalable
Cas généralPlus de 20 m²Permis de construire
Accolée à la maison, zone urbaine d’un PLUJusqu’à 40 m²Déclaration préalable, ou permis si la surface totale de la maison dépasse alors 150 m²
Accolée à la maison, zone urbaine d’un PLUPlus de 40 m²Permis de construire
Secteur protégé (abords de monument historique, site classé…)Jusqu’à 20 m²Déclaration préalable, même sous 5 m²

Sans règle particulière du PLU, l’abri doit être implanté en limite de propriété ou à au moins 3 mètres de celle-ci. Pensez aussi à la fiscalité : un abri qui crée une aire de stationnement extérieure entraîne la taxe d’aménagement. Le plus sûr reste de consulter le service urbanisme de la mairie avant de commander.

Charretterie bois écoresponsable : certifications et engagements

Une charretterie écoresponsable commence par l’origine du bois. Les certifications PEFC et FSC attestent que le bois vient de forêts gérées durablement. Demandez au fabricant le certificat qui accompagne sa livraison. Privilégier le chêne ou le Douglas français raccourcit aussi le transport, et un bois naturellement durable réduit le besoin en traitements chimiques.

La fabrication française, confiée à des charpentiers qualifiés qui maîtrisent les assemblages traditionnels, apporte de bonnes garanties de qualité. Plusieurs points sont à vérifier avant de signer : traçabilité des approvisionnements, séchage du bois, produits de finition utilisés et contenu exact des garanties. Pour un ouvrage posé par un professionnel, la garantie décennale de l’entreprise couvre en principe les dommages qui compromettent la solidité de la construction.

  • Bois certifié PEFC ou FSC, avec certificat à l’appui
  • Préférence pour la fabrication française et des charpentiers spécialisés
  • Finitions adaptées à l’usage extérieur et peu agressives pour l’environnement
  • Garanties écrites et détaillées, à comparer d’un fabricant à l’autre

Étapes clés de la mise en place d’une charretterie

Construire une charretterie bois demande de l’organisation et le respect de quelques étapes techniques. Tout commence par les démarches : déclaration préalable ou permis selon la surface, puis attente de l’accord avant les travaux. Vient ensuite la préparation du sol, avec une dalle béton ou des plots ponctuels qui assurent l’assise de la structure. La pose de l’ossature suit : montage des poteaux, fixation des traverses et assemblage de la charpente selon les plans.

La couverture vient achever l’ouvrage. Chaque matériau de toiture demande un soin particulier pour l’étanchéité et l’ancrage. Selon le degré de personnalisation voulu, on choisit une formule en kit, plus rapide et adaptée à l’autoconstruction, ou une réalisation sur mesure confiée à un atelier local. La durée du chantier dépend de la taille de l’abri, de la formule retenue et de la météo : demandez un planning écrit à l’entreprise.

  1. Démarches : consultation du PLU, puis déclaration préalable ou permis de construire
  2. Préparation du sol : dalle béton armé ou plots béton selon la charge prévue
  3. Montage de la structure : poteaux sur platines, traverses, assemblages tenon-mortaise
  4. Charpente et toiture : chevrons, liteaux puis couverture
  5. Finitions : protection du bois, bardage ou colombage si besoin, puis entretien régulier
À retenir
  • La charretterie est un abri ouvert d’origine rurale, présent dans toute la France ; le style normand se reconnaît à son chêne apparent, sa double pente et sa tuile plate.
  • Le bois doit convenir à la classe d’emploi 3, et à la classe 4 pour toute pièce en contact avec le sol : chêne ou Douglas purgés d’aubier, ou résineux traité en autoclave.
  • Déclaration préalable de 5 à 20 m² (jusqu’à 40 m² accolée à la maison en zone urbaine d’un PLU), permis de construire au-delà.
  • Vérifiez le PLU avant de choisir la toiture : il peut imposer matériau, couleur et implantation.

Questions fréquentes sur la charretterie bois

Faut-il écrire « charretterie » ou « charreterie » ?
Les dictionnaires (TLFi, Wiktionnaire) donnent « charretterie », avec deux r et deux t, comme le mot « charrette » dont il dérive. La graphie « charreterie » se rencontre souvent chez les fabricants et dans les annonces.
Quelle différence entre une charretterie et un carport ?
Les deux sont des abris ouverts pour véhicule. Le carport désigne n’importe quel abri voiture, souvent léger. La charretterie reprend l’architecture des bâtiments de ferme : charpente en bois massif, assemblages traditionnels, toiture en tuile ou en ardoise.
Une charretterie de 30 m² demande-t-elle un permis de construire ?
En règle générale, oui : au-delà de 20 m² d’emprise au sol, c’est un permis. Exception : si elle est accolée à la maison en zone urbaine d’un PLU, une déclaration préalable suffit jusqu’à 40 m², tant que la surface totale de la maison ne dépasse pas 150 m².
Faut-il traiter le bois d’une charretterie ?
Un chêne ou un Douglas purgé d’aubier convient naturellement à un usage extérieur hors sol. Un pin ou un sapin doit être traité en autoclave. Dans tous les cas, une finition (huile, lasure ou saturateur) protège l’aspect du bois et limite son grisaillement.
Peut-on transformer une charretterie en pièce habitable ?
C’est possible, mais le projet change de nature : il faut fermer, isoler et créer une surface de plancher, ce qui suppose de nouvelles démarches d’urbanisme. Renseignez-vous en mairie avant les travaux.